On entend parler de la Sophrologie comme d’une thérapie « bien-être » de relaxation. Pourtant, elle a été conçue, à l’origine, par un Psychiatre et Professeur en Psychiatrie, le Dr Alfonso Caycédo, pour servir la science médicale. Qu’est-ce donc vraiment la Sophrologie ? Yoga ? Hypnose ? Analyse ? Thérapie ?
Définition
La Sophrologie étudie la conscience et ses modifications par des moyens :
- Physiques (intervention chirurgicale, etc.);
- Chimiques (médicaments, chimiothérapie, etc.);
- Psychologiques.
Qui permettent d’en modifier le contenu, dans un but :
- Thérapeutique (application médicale);
- Prophylactique (apprendre à ne pas tomber malade, être en en santé équilibrée, etc.);
- Psychologique (moyens de comportement, moyens analytiques).
Naissance de la Sophrologie
En 1960, le Dr Alfonso Caycedo (Psychiatre et Professeur en Psychiatrie) fonde l’Ecole Scientifique de Sophrologie, à Madrid. Il reprend les bases de l’Ecole Phénoménologique d’Husserl. Il y ajoute les traditions et les techniques de changement des états de conscience orientaux.
A Paris, un groupe de médecins du service ORL de l’hôpital Lariboisière, mené par le Dr Jean-Pierre Hubert s’intéresse particulièrement à cette nouvelle science et se rapproche du Dr Alfonso Caycedo.
Les deux groupes décident de développer, ensemble, les contours de la Sophrologie. Leur point de départ sera l’observation et l’exploration des phénomènes hypnotiques.
Les origines de la Sophrologie
La Sophrologie base ses origines, sur :
- Les techniques d’hypnose. C’est un état modifié, artificiel et transitoire de la conscience d’une personne, caractérisé par une susceptibilité accrue à l’influence et à la suggestion d’une autre personne. (1)
- La Phénoménologie. C’est une approche globale fondée sur la conscience, dans la constitution des phénomènes vécus, en s’en tenant non aux mots, mais aux actes où se dévoilent leur présence. Elle permet de comprendre la signification des phénomènes subjectifs, sans les dénaturer, à partir du récit du patient. (2)
- L’Existentialisme. C’est un courant de pensée qui donne la primauté à l’existence vécue et individuelle, à la liberté de l’homme et à sa vocation à décider lui-même de sa propre existence. Par ailleurs, ce courant considère l’homme comme un être unique et libre qui est responsable, non seulement de ses actes et de son destin, mais également des valeurs qu’il décide d’adopter. (3)
- La Relaxation Dynamique. « Est un entraînement psycho-physique de la conscience, basé sur la perception positive de notre monde intérieur ainsi que sur la relation positive avec le monde extérieur » (Dr Natalia Caycedo, Médecin Psychiatre, fille du fondateur).
Les courants de la Sophrologie
C’est en 1988, que la Sophrologie se segmente en deux catégories distinctes :
- La Sophrologie originale dite « de l’école française ». Elle est scientifique, thérapeutique et analytique. Bien qu’étroitement attachée à A. Caycedo, elle reste sur des méthodes dont on peut comprendre les effets et évaluer l’efficacité.
- La Sophrologie Caycédienne dite « sociale ». Elle est philosophique, spirituelle et principalement axée sur le bien-être. A. Caycedo a souhaité se démarquer de la Sophrologie originale pour la rendre ouverte et accessible au plus grand nombre. Il souhaitait, avant toute chose, que la Sophrologie ne soit pas le seul fait du corps médical. Il s’inspire, en grande partie, de ses voyages en Orient (Yoga, Bouddhisme, Zen) pour mettre au point ses différentes méthodes.
Les principes de la Sophrologie
- Le schéma corporel. C’est la représentation que chacun se fait de son corps. Cela inclut notre histoire avec son contenu affectif, émotionnel et les facteurs sociaux.
- L’action positive. Elle considère que toute action positive sur une partie de la conscience se répercute positivement sur la totalité de l’être.
- La réalité objective. Il s’agit pour le Sophrologue de comprendre et percevoir son propre état de conscience. Puis, d’en tenir compte face à celui de son patient.
- L’adaptabilité. Un Sophrologue doit adapter ses techniques, à la réalité objective de son patient.
Les indications de la Sophrologie
- Altération fonctionnels psychosomatiques;
- Troubles des organes : gastro-intestinaux, respiration, dermatologie, troubles urinaires et gynécologiques;
- Confusions psychiques : Phobie, névroses
- Altération du comportement : anorexie, boulimie, colite, émotivité;
- Préparation mentale et conditionnement : opération chirurgicale, maternité, épreuve sportive, examen;
- Arrêt d’une toxicomanie : tabac, médicament, drogue;
- Deuil.
Les contre-indications de la Sophrologie
- Refus (conscient et inconscient) du malade;
- Arriération mentale;
- Psychose;
- Endogène (Schizophrénie);
- Iatrogène : danger de banalisation « il n’y a qu’à » ; « ça ne fait pas de mal »;
- Insuffisance de formation du Sophrologue.
Les espaces thérapeutiques de la Sophrologie
Les espaces thérapeutiques de la Sophrologie débutent par une Sophronisation De Base (SDB).
C’est le processus qui mène à la modification des niveaux de conscience, afin d’obtenir la production d’états spéciaux, connus sous le nom d’états sophroniques.
Elle se compose de 4 grandes parties :
- Physique : elle correspond au relâchement musculaire;
- Mentale : elle correspond à la relaxation;
- Zone X ou niveau Sophro-Liminale : elle correspond à la suggestion thérapeutique;
- Désophronisation : elle correspond à la préparation mentale de la sortie de la Zone X et un retour à un état de veille habituelle.
Ensuite, selon la problématique, 3 voies sont utilisées :
- Comportementale qui induit l’activation par suggestions;
- Dynamique qui induit l’activation par le geste;
- Analytique qui induit l’activation par l’écoute.
Ce que l’on peut retenir de la Sophrologie
La Sophrologie est une science thérapeutique et un art de vie.
Elle a été créée en 1960 par le Dr A. Caycedo, Psychiatre et Professeur en Psychiatrie.
La Sophrologie puise son origine dans la médecine scientifique (Hypnose, psychiatrie, etc.), à laquelle elle mêle des méthodes de bien-être issues des préceptes orientaux (Yoga, Bouddhisme, etc.).
Depuis 1988, il faut noter 2 courants :
- La Sophrologie originale : scientifique, thérapeutique et analytique.
- La Sophrologie Caycédienne : bien-être, philosophique et spirituelle.
À partir du moment où l’on ne fait pas de l’intérêt pour la Sophrologie un argument de refus du traitement médical, elle peut être un apprentissage, un processus pour développer la palette sensorielle et corporelle du « vivre en conscience » :
- Observer;
- Ecouter;
- Habiter sa propre réalité corporelle et la conscience de soi;
- Accueillir l’autre dans son ressenti propre, sa réalité objective et son cheminement. (4)
La Sophrologie est une pratique Alternative et Complémentaire.
Sources
( ) Ecole EDHES – Jean-Pierre Hubert, spécialiste et l’un des pionniers de la Sophrologie en France. Psychanalyste, Bio-énergéticien (Lowen), Sophranalyste
( ) Ecole EDHES – Azziz Ameur, Psychologue clinicien, Sophrologue et Sophro-Analyste
(2) La phénoménologie : une approche scientifique des expériences vécues
(3) Existentialisme
(4) Grand Manuel de Sophrologie – Bernard Etchelecou – Page 507

