Quod Sum ?

« Celui qui se sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. » Denis Diderot.

Difficile pour moi d’expliquer « ce que je suis ». Les mots sont parfois traîtres. Ils ne traduisent pas toujours exactement l’émotion et/ou l’intention que l’on souhaite leur donner. Parfois, selon les personnes et l’état d’esprit dans lequel ils sont, les interprétations peuvent être différentes de l’intention première. Je vais donc m’efforcer de prendre toutes les précautions pour vous décrire un semblant de « ce que je suis ».

Une personnalité riche

Après quelques années d’analyses, de recherches et de travail sur moi, je peux enfin dire que je comprends bien mieux certaines facettes de ma personnalité. Je n’aurais pas la prétention de dire que j’ai fini de me découvrir. Bien entendu, toute une vie ne suffirait pas pour aborder la connaissance de soi.

Pour autant, je peux affirmer aujourd’hui le fait que j’ai une personnalité riche. Cette personnalité m’a valu, de tout temps, l’incompréhension de mon entourage. J’ai beaucoup souffert de cela et surtout du rejet qui en découlait systématiquement. Il m’a fallu du temps pour l’appréhender et l’ingérer. C’est de cette façon que j’ai pu me libérer, en partie, du jugement de mon entourage et me découvrir.

J’ai une personnalité riche. Riche d’expériences, de cultures différentes, de vie et de sensibilité. Il n’est pas toujours évident de me cerner et je me sens bien avec cela. Pour autant, je prends soin de m’adapter à mon environnement.

 

D’où vient cette richesse ?

1. Des origines mixtes

Une lutte perpétuelle entre l’Afrique qui coule dans mes veines et la France où je me sens à ma place. Deux bagages culturels :

  • L’Afrique, sa magie, ses croyances, ses guérisseurs ;
  • La France, sa rationalité, ses principes, son cadre.

J’ai dû être accompagnée pour m’y retrouver et m’accepter tel que je suis :

  • Ni ma mère, noire comme l’ébène ;
  • Encore moins mon père, blanc comme la neige ;
  • Ni l’Afrique et ses croyances ;
  • Et pas tout à fait la France et sa rationalité.

Juste moi.

2. Des traumatismes d’enfance

Je suis née en Afrique. A l’âge de 5 ans, je suis venue en France pour cause de maladie. Puis, à 10 ans je suis retournée en Afrique. Le choc du retour au pays fut dramatique. Je ne m’y sentais pas à ma place. Le rejet que j’y ai vécu, de la part de l’entourage, à contribuer à cette quête que j’ai longtemps eu de rechercher l’affection et l’acceptation des autres pour me sentir bien.

Cela a développé chez moi une capacité d’observation, d’écoute et d’adaptation à mon environnement.

3. Des années en internat, chez les sœurs de Sainte Marie de Cocody (Abidjan)

Les années de mon adolescence, dans cet établissement, furent les plus belles de mon parcours en Afrique. En effet, la pauvreté dans laquelle je vivais, m’avait donné l’envie de me battre pour m’en sortir. Je m’étais donc appliquée à obtenir une bourse d’étude qui m’avait valu l’internat à Sainte Marie. Cela m’assura pendant quelques années : un lit propre, 3 repas par jour et l’accès à la « Connaissance ». Cette connaissance qui devait me mener au Savoir, à travers duquel serait venu mon salut.

J’y ai appris les voies de l’espérance, de la miséricorde et de la foi en toute chose.

4. Des violences vécues

Certaines violences ont longtemps provoqué en moi, un dérèglement intérieur. Je les ai appréhendées en lisant énormément, en me documentant, en cherchant les raisons aussi bien chez ceux qui les avaient provoquées, qu’en moi. Si je dois garder 3 livres, qui ont eu un impact significatif sur la gestion de ces vécues, ce seraient les suivants :

  • Boris Cyrulnik, en particulier ceux sur la résilience, qui m’ont accompagné longtemps « à vivre, à réussir, à me développer en dépit de l’adversité » ;
  • Andrew Solomon, « Le Diable intérieur : Anatomie de la dépression », qui a mis des mots sur certains maux qui me torturaient ;
  • Marc-Aurèle, « Pensées à moi-même », qui m’a appris à observer et relativiser les périodes tragiques.

Avec toutes ces sources, j’ai réalisé qu’essayer de comprendre les raisons pour lesquelles certaines choses arrivaient, était vain. Cela me ramenait inlassablement à revivre les événements. J’ai ainsi acquis, une force morale qui m’a permis de ne jamais me décourager, ni me laisser abattre.

5. D’une hyperssensibilité

Très jeune déjà, ma mère m’enfermait dans la chambre pour m’empêcher de regarder la télévision. En effet, je vivais chaque film, émission, documentaire avec beaucoup d’émotions. Les injustices et les violences étaient les émotions les plus terribles à vivre. Je pouvais pleurer toute une nuit ou au contraire être enthousiaste.

Il en était de même pour le contact avec les autres. J’étais perméable. Je pouvais me réjouir de leurs petits bonheurs comme être affectée par leurs souffrances. Mon frère avait une rage de dent ? Me voilà souffrante avec lui. Un enfant tombait dans le parc et s’écorchait le genou ? Je pleurais à sa place. J’écoutais de la musique ? J’étais submergée par l’émotion et je pouvais pleurer de joie.

Je passais des heures à observer et analyser les autres. Leurs émotions, réactions, attitudes, postures, physionomie. Je faisais pareil pour l’environnement : lieux, objets, dispositions, etc.

La beauté des choses me touchait aussi intensément que la laideur du monde.

Jusqu’à ce que je comprenne et que j’accepte cette ultra sensibilité, j’ai passé une grande partie de ma vie à me demander pourquoi je n’étais pas comme les autres.

Aujourd’hui, je n’en vois plus que les atouts. Être suffisamment sensible à ce qui arrive aux autres, pour les accompagner à surmonter des moments difficiles ou de joies, est une très belle faculté.

Je tire de cela mon empathie, mon sens de l’analyse et mon intuition.

6. D’une extra sensorialité

La différence entre l’hypersensibilité et l’extra-sensorialité, réside dans le fait de « ressentir » les autres, d’une part. D’autre part, de percevoir des données en dehors des sens habituels que sont l’audition, la vue, l’odorat, le toucher, le goût.  Comment ? Je ne saurais pas vraiment l’expliquer. Il n’y a aucune logique à cela et ce n’est absolument pas rationnel. Cela se passe spontanément. Par exemple, au cours d’un échange, je vais percevoir des sensations imperceptibles. Cela  s’impose à moi, comme des évidences. Je peux avoir un vertige, le cœur qui s’emballe, la chair de poule, des frissons, une absence, etc.

Ce serait un  » 6ème sens  » qui globalise des perceptions et non exclusivement celles qui sont extrasensorielles. Ce sens n’est pas toujours aisé. L’entourage peut ne pas apprécier… ou en avoir peur. L’accepter et l’assumer m’ont permis de m’ouvrir à la vie du bon côté !

J’ai appris, avec le temps, à canaliser toutes ces perceptions, à vivre avec et à n’en faire part que sur demande.

Une chose est certaine, ces deux aspects m’aident pour être en phase avec la personne concernée et m’adapter à elle.

En pratique

Ma mère est spécialisée dans le soin des enfants, par les plantes et les massages.  Je lui ai servi d’aide-soignante pendant quelques années. Le dernier cas que nous avons traité ensemble concernait des jumeaux de 4 ans. Cela faisait un moment déjà, que leurs parents cherchaient un Guérisseur. Les enfants étaient dans un état critique.

Pendant le premier rendez-vous, mon rôle avait été de dire ce que je percevais intuitivement sur l’état des jumeaux. Les mots « Risqué », « Espoir », « 3 mois », et « Guérison » se sont imposés à moi. L’interprétation était des plus simples : le cas était risqué avec un espoir de guérison à 3 mois.

Nous n’avions jamais reçu de jumeaux et trois mois de soins, c’était très long. Nous y arrivions généralement au bout d’un mois avec les autres enfants. Ma mère hésita. Fallait-il donné un espoir aux parents ? Et si nous les renvoyons à un autre Guérisseur ? « Départ », « Dieu » sont les mots suivants que j’ai perçu pour répondre à son questionnement.

Sans autre hésitation, elle décida de s’occuper des jumeaux. Pendant 2 mois, je fus la seule à m’occuper des enfants : bain, alimentation, repos, etc. Ils étaient en permanence collés à moi. Les sensations que je ressentais venant d’eux, étaient importantes. Ma mère de son côté passait ses journées à préparer des onguents et des mixtures à leur appliquer. Tous les jours, je lui donnais intuitivement les réactions des enfants : quels étaient leurs états d’esprit ? Supportaient-ils le traitement ? Reprenaient-ils goût à la vie ? Quels mots me venaient ? Etc.

Deux mois après, un matin, ils ont hurlé en se réveillant près de moi comme si c’était la première fois qu’ils me voyaient. Ils ne me reconnaissaient pas. C’était le signal que ma mère attendait. Dès lors qu’ils voyaient en moi le reflet de leurs maux : ils étaient guéris. Les soins s’arrêtèrent. Je m’éloignais et les parents reprenaient le relais. Pendant les jours qui suivirent, l’objectif fut de leur faire reprendre des forces.

Ce fut le cas le plus long, le plus éprouvant et en même temps le plus gratifiant. Leur guérison était un cadeau qu’ils nous faisaient. Les laisser partir en bonne santé était le cadeau que nous leur faisions.

7. D’une grande soif de connaissance

Je peux réfléchir pendant des jours sur des sujets qui m’attirent, dévorer des livres, visualiser des vidéos, passer des heures en bibliothèque, etc. Mon sujet de mémoire était relatif à la médecine alternative. Avant toute chose, j’ai lu le livre de Maurice Bariéty et Charles Country « Histoire de la médecine ». 1200 pages de données, de faits, de découvertes, d’avancées.

Mon ami lu un livre de Jiddu Krisnamurti… Je visionnais toutes les vidéos exploitables sur Youtube, des livres-audio aux interviews.

Je ne me lasse pas de regarder l’émission de Morgan Freeman « Voyage dans l’espace-temps » ou « The story of God ».

Dernièrement, une personne a publié sur LinkedIn un post sur Jacques Verges. Même principe : je me suis lancée dans l’exploration de la vie de ce Ténor du barreau.

Il n’y a pas un sujet que j’aborde avec légèreté.

Est-ce l’influence de mon signe astrologique Capricorne, qui me confère cette curiosité et cette persévérance ? Peut-être. Et j’en tire une véritable satisfaction.

J’affectionne particulièrement cette citation familiale de Madame de Ranchin que j’ai entendu : « Celui qui s’ennuie seul, avoue qu’il est pour lui une sotte et ennuyeuse compagnie. »

 

Ce que je suis

Des traumatismes, des douleurs, des émotions… comme tout le monde. Et peut-être de façon plus spécifique : un sens profond de l’authenticité, une sensibilité exacerbée et une intuition innée.

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