L’extrasensorialité

Je suis extrasensorielle depuis l’âge de 5 ans. Du moins, c’est à cet âge-là que j’ai eu mon premier souvenir. Ma mère, ma grand-mère et mon arrière-grand-père l’étaient également. Et si l’on remonte plus loin ou que l’on regarde du côté des oncles, tantes et autres membres de la famille directe, l’on en trouve également. Mais alors, qu’est-ce-que cela veut dire « être extrasensorielle » ? Est-ce une souffrance, un bienfait ou une aptitude bénéfique ? Comment cela fonctionne-t-il ?

 

Qu’est-ce-que cela veut dire « être extrasensorielle » ?

« Extra » signifie « chose ajoutée à ce qui est habituel » et « Sensorielle » défini « ce qui concerne les sensations, les organes des sens ».

L’on peut en déduire qu’être extrasensorielle signifie avoir des perceptions en sus des sens habituels que sont : l’odorat, le goût, la vue, le toucher et l’ouïe.

Par ailleurs, la perception extrasensorielle est synonyme de sixième sens. Or le sixième sens ne dépend d’aucun raisonnement logique. Il se réfère à la possibilité pour une personne d’acquérir des informations sans faire appel à ses cinq sens. Cette possibilité se fait par le biais de l’intuition, véritable boussole intérieure, qui ne recourt ni au raisonnement ni à l’expérience.

L’extrasensorialité est généralement innée et peut-être même héréditaire. Dans ce cas précis, il n’y a pas de méthode particulière pour utiliser cette possibilité. Les choses viennent naturellement sans que l’on ait à les solliciter. La source d’informations est intarissable et multiple dès lors que l’on accepte ce don.

Dans d’autres cas, l’extrasensorialité se développe au fur et à mesure que l’on en fait l’expérience. Pour cela, il faut apprendre à écouter et à développer son instinct ou intuition.

Comment cela fonctionne-t-il ?

L’instinct livre une conviction intime, une connaissance immédiate et/ou un sentiment intérieur plus ou moins précis qui indique un chemin avec certitude. Les perceptions mentales et corporelles qui en proviennent, s’imposent soudainement. L’on ressent alors des sensations de façon exacerbée, sans aucune possibilité d’avoir un contrôle sur le phénomène.

Prenons l’exemple des perceptions « ajoutées » aux cinq sens habituels et de la façon dont cela peut se manifester :

  • L’odorat : sentir une odeur de parfum, agréable ou désagréable, en l’absence de toute source apparente.
  • Le goût : ressentir un goût, agréable ou désagréable, dans la bouche sans rien avoir dedans.
  • La vue : voir des images, des visages, des scènes défiler sans objet apparent, où que l’on soi.
  • Le toucher : sentir une main caresser la tête ou même une personne s’asseoir à vos côtés alors que vous êtes tout seul.
  • L’audition : entendre des pensées qui ne sont pas à soi et qui peuvent fuser intérieurement de toute part.

En dehors de cela, il est également possible de rêver des événements qui ne se sont pas encore produits. Soit le rêve est précis et son message tombe sous le sens car cela raconte une histoire. Soit, le rêve est décousu et le sens vient par symbolisme.

Il est aussi possible d’avoir des réponses spontanées aux questions spécifiquement posées.

Il n’y a pas de véritables règles. Tout dépend de la sensibilité de chacun, de ce qu’il est prêt à écouter, ignorer ou refouler.

Tous Extrasensoriels ?

L’extrasensorialité est en chacun. On l’utilise tous les jours sans s’en rendre compte. Elle se manifeste la plupart du temps par cette « petite voix interne » contre laquelle le raisonnement rationnel et la peur luttent en permanence. Pour autant, il arrive que l’on en sente la manifestation. En effet, combien de fois n’avez-vous pas fait une chose parce que « vous ne la sentiez pas » ? Avez-vous déjà eu « la chair de poule » sans aucune raison, en pénétrant dans un lieu ? Pouvez-vous vous rappeler les fois ou vous avez eu un pressentiment plus ou moins vague et que vous vous êtes dit après coup : « Je le savais ! » ou « J’aurais dû m’écouter ! » ? Etc.

Tout cela est de l’ordre de l’extrasensorialité. A un moment donné, l’on perçoit une sensation, une impression, une gêne, un malaise dont on ne peut expliquer l’origine.

L’extrasensorialité n’est pas un « don » réservé à une poignée d’élus. Le sixième sens ou intuition est une capacité de discernement innée dont dispose tout un chacun.

Il suffit d’en prendre conscience et d’apprendre à l’écouter. Le simple fait de prêter attention à ses ressentis, à son environnement et ce qui en découle dans les moindres détails, est déjà une première approche.

Est-ce une souffrance ou une aptitude bénéfique ?

L’extrasensorialité se manifeste généralement chez les hypersensibles qui ressentent les moindres sensations ou émotions avec une intensité exacerbée. Ce qui lui a valu, de tout temps, l’amalgame entre la pathologie et la marginalité.

Dans l’hypothèse où l’on considérerait l’extrasensorialité comme une pathologie, elle pourrait très certainement s’apparenter, au premier abord, à la schizophrénie.

Selon l’OMS, « la schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique qui se caractérise par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du sentiment de soi et du comportement. Le ressenti comporte souvent des hallucinations, le fait d’entendre des voix ou de voir des choses qui n’existent pas, et des délires, des convictions inébranlables ou fausses. »

Comme vu précédemment dans l’exemple des perceptions « exacerbées » en rapport aux cinq sens habituels, les coïncidences à cette définition sont frappantes.

Dans l’hypothèse où il s’agirait d’une marginalité, sans toutefois considérer une possible pathologie, l’extrasensoriel est « mis en case » et « piétiné » par la société. En effet, son système de raisonnement et/ou de réactions aux événements, est incompréhensible et parfois disproportionné pour l’environnement, d’autant plus s’il est proche.

Dans les deux cas, la souffrance de l’extrasensoriel est émotionnellement immense. Le regard, le jugement des autres et ce qu’il en ressent sont vécus avec une extrême violence.

Nombreux sont ceux qui font une dépression sévère, pensent à mettre fin à leurs jours ou s’isolent du monde pour ne vivre que dans leur enfer.

D’autres, se document, font des recherches et tâchent d’affronter ce qu’il leur arrive. Ils font des pieds et des mains pour en tirer un avantage par la maîtrise et la gestion même des phénomènes. Non pas que cela soit totalement possible, mais en apprenant à mettre en place des protocoles pour en être le moins affecté possible.

Le chemin est long et sinueux car il s’agit d’apprendre à se dégager du jugement des autres et à jongler continuellement entre la rationalité et l’immatérialité pour trouver un équilibre de vie. On développe alors une conscience plus aiguisée de soi-même et de la nature humaine. On vit avec, on s’y adapte.

Comment vivre avec l’extrasensorialité ?

En l’acceptant, tout simplement !

Le pire qui puisse arriver à un hypersensible ou à un extrasensoriel, c’est de ne pas le savoir et de se torturer l’esprit entre ce qui parait être des hallucinations effrayantes et les angoisses d’être « anormal ». Il faut compter des années pour en prendre conscience.

Ce sont les autres, leur regard et leur jugement, qui amènent l’extrasensoriel à sa différence.

La catégorie d’extrasensorialité la plus célèbre est la Médiumnité.

En conclusion

Je ne dis pas qu’il n’existe pas de charlatans, de gens malhonnêtes ou même marginaux. Le monde en fourmille dans tous les domaines. De la même façon, on ne peut pas appuyer sur un bouton pour percevoir des sensations extrasensorielles, à la demande. « C’est comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique ! »

En effet, une séance dépend de nombreux facteurs : environnement, état d’esprit, humeurs, etc. Cela est valable dans les deux sens : praticien et consultant.

Le praticien extrasensoriel, ne peut en aucun cas être à 100% de ses capacités, en continu. Aussi, pour bien pratiquer, il lui faut lâcher-prise sur sa propre identité, ses pensées et laisser venir les informations avec beaucoup d’empathie. Le mot d’ordre est d’être honnête avec soi-même pour l’être avec les autres et savoir dire à un consultant « je ne perçois rien » quand cela arrive.

 

SOURCES

Master 1 de psychologie clinique, psychopathologie et psychothérapies 1ème année – « Approche Psychanalytique de la Médiumnité » – Mémoire présenté par Geoffrey Spriet

Le « paranormal », nous n’y croyons pas. Nous l’étudions.

Le phénomène de perception extra-sensorielle

Schizophrénie

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