« L’individu que vous êtes, forme une seule et même personne. Vous êtes partie prenante à tous les niveaux de votre vie professionnelle, familiale, sentimentale, intellectuelle… Vous ne pouvez être découpé en tranches. Si vous agissez sur un élément, vous agissez automatiquement sur un autre. Si vous intervenez sur votre façon de dormir, de manger, de respirer, les répercussions se feront sentir sur tous les autres plans… Rien n’est dissocié, tout est au contraire relié : organisation de votre travail, alimentation, exercices, loisirs, façon de voir le monde, façon de voir les autres. En connaissant le mode d’emploi du stress, vous pourrez vous prendre en main. » Hans Selye (1956)
Qu’est-ce-que le stress ?
Hans Selye (Fondateur et directeur de l’Institut de médecine et de chirurgie expérimentale de l’Université de Montréal est un pionnier des études sur le stress) définit le stress comme l’ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s’adapter à un événement donné. Pour lui, le stress est une contrainte non-spécifique sur le corps, causée par des irrégularités dans son fonctionnement normal.
Les travaux de Lazarus et Folkman (1960-1970) proposés en 1984, mettent en évidence l’importance des perceptions dans la survenue de l’état de stress. Ils complètent la définition initiale du stress et démontrent que ce n’est pas l’évènement en lui-même qui est responsable de l’état de stress mais bien son vécu.
Lazarus et Folkman définissent le stress comme étant « une relation entre la personne et son environnement, qui est évaluée par la personne comme tarissant ou excédant ses ressources et menaçant son bien-être ».
Alarme, réaction, épuisement
Ce complément donne tout son poids aux 3 phases de réaction au stress de Hans Selye identifie comme le Syndrome Général d’Adaptation :
- La phase d’alarme. Le corps se met en mode de « défense » par des réactions physiques (rythme cardiaque accéléré, respiration plus rapide, muscles tendus, etc.) et psychiques (vigilance, euphorie, détresse ou oppression).
- La phase de réaction. L’agent stressant persiste, le mode de « défense » est maintenu et cristallise toute l’énergie de l’organisme pour s’adapter au stress. Le corps résiste au-delà de ses capacités.
- La phase d’épuisement : le corps est soumis au stress dans la durée. Sa résistance cède et le système immunitaire s’effondre. La situation n’est plus sous contrôle et des symptômes caractéristiques apparaissent.
Lorsque la situation est gérée, elle est suivie d’une phase de récupération : le corps se détend et les réserves énergétiques et immunitaires se reconstituent.
Il existe deux formes de stress :
- Le stress positif, appelé « Eustress »
- Le stress négatif, appelé « Distress »
L’Eustress
Il s’agit du stress « normal ou adaptatif » qui comporte des aspects positifs dont on peut tirer un bénéfice.
Il stimule et libère des moyens énergétiques pour faire face efficacement à toutes situations exceptionnelles.
L’eustress est court et ne dépasse généralement pas la phase d’alarme. Il agit sur :
- Le mental, en augmentant la vitesse de la pensée. On devient plus vigilant, nos perceptions sont plus nettes et notre capacité d’analyse, plus rapide.
- Les hormones, avec une petite poussée d’adrénaline et de corticoïdes, ce qui nous donne une belle énergie.
- Le comportement, avec un tonus musculaire plus dynamique et des réactions plus agiles et précises.
Ce stress est bon, il rend créatif, stimule et pousse à donner le meilleur de soi-même dans toutes les situations.
Le Distress
Il s’agit de l’hyper stress ou stress négatif qui diminue les performances et mène à l’épuisement. Le Distress revêt différents niveaux selon les capacités de résistance de chacun.
Il tourne en boucle à toutes nouvelles situations, sans passer par la phase de récupération pour aucunes d’entre elles. Le corps cumule et s’épuise continuellement.
Le Distress agit sur :
- Le mental, par une vigilance exacerbée et une sidération mentale ;
- Les hormones, avec une poussée élevée d’adrénaline et de corticoïdes (énergie excessive) ;
- Le comportement, avec un tonus musculaire douloureux et une réactivité démesurée.
Dans un cas, la respiration s’accélère. L’apport en CO2 est trop élevé et c’est l’hyperventilation. Conséquences : tremblements, tachycardie, sudation, angoisses, etc.
Dans l’autre cas, la respiration est bloquée, l’apport en O2 est faible et c’est la fatigue chronique, l’apathie, le manque de concentration, la dépression, etc.
Par ailleurs, les états psychiques ont une répercussion insidieuse et directe sur le fonctionnement des organes, du corps.
Cela commence généralement par un état de malaise, de stress, d’angoisse, une fatigue chronique.
Cet état, à la longue, déclenche des aigreurs physiques et psychologiques.
Ignorés, ces aigreurs se répercutent sur un organe qui, affaiblit par la déficience du système immunitaire se retrouve « agressé ».
Des manifestations symptomatiques font alors leurs apparitions.
Un diagnostic est posé : vous êtes malade.
Cela peut être grave ou pas. Tout dépend du temps de latence entre l’état de malaise et le déclenchement de la maladie.
Les maladies liées aux stress
Avant toute chose, il y a des signes avant-coureurs tels que :
- Fatigue, surtout dès le réveil, qui n’est pas réparée par le sommeil
- Troubles du sommeil
- Anxiété
- Irritabilité
- Nervosité
- Rhumatismes : douleurs articulaires, périarthrite, arthrose
- Contractions musculaires (courbatures du cou, du dos et crampes)
- Troubles sexuels avec une baisse de la libido
- Pertes de mémoire : oubli, erreur
- Etc.
C’est généralement ainsi que le corps manifeste son mal-être.
Ignorés, ces signes peuvent découler sur des maladies auto-immunes résultant d’un dysfonctionnement du système immunitaire et évoluant en maladies inflammatoires chroniques.
Par ailleurs, certaines maladies souvent corrélées à un stress trop important, se manifestent sous forme de :
- Maladies digestives : spasmes, bouche sèche, ballonnements, diarrhée, gastrites, ulcères, colopathies
- Troubles cardio-vasculaires : palpitations, douleurs, gène dans la poitrine, hypertension, angine de poitrine voire infarctus du myocarde
- Hyperthyroïdie
- Infections virales ou microbiennes à répétition dues à une baisse des défenses immunitaires
- Infections cutanées : eczéma, boutons rouges, psoriasis, herpès, chute de cheveux, démangeaisons
- Troubles gynécologiques : retard ou absence de règles, affections bénignes du sein
Quelle est l’origine du stress ?
Hans Selye, Lazarus et Folkman s’accordent à dire que l’état de stress est une réaction de défense face à une situation exceptionnelle, évaluée comme excédant les ressources propres et dont le vécu menace le confort psychologique et physiologique.
L’une des interprétations possibles serait qu’une personne est en état de stress parce qu’elle est dans l’anticipation d’une situation exceptionnelle (élément extérieur) qu’elle imagine comme insurmontable ou menaçante.
Ces projections font naître des émotions qui prendraient très vite le dessus sur son état psychologique, entraînant toute une série de complications physiologiques.
Logiquement, cette personne pense que son état résulte de l’élément extérieur.
Pourtant, c’est son vécu émotionnel face à la situation, qui ne fait qu’empirer ou exalter son état.
Par conséquent, la cause de ses émotions viennent des projections qui émaneraient de la personne elle-même.
La seule donnée qui ne change pas à la base du processus est la situation exceptionnelle. Quelle qu’elle soit, il y a deux possibilités :
- La personne gère ses émotions, prend du recul, analyse, s’adapte et vit sereinement la situation. Eustress.
- La personne s’imagine incapable de gérer la situation, panique, et perd le contrôle. Distress.
Le stress et l’environnement
Le stress recouvre des événements de vie et des situations variés.
1. Evénements et changements de vie
On peut distinguer cinq catégories qui peuvent se recouvrir :
- Les agressions : attaque, abus, abus sexuel
- Les pertes : divorce, deuil, avortement, exil
- Les catastrophes et désastres naturels : accident de transport (voiture, avion, train), tremblement de terre, ouragan et dommages associés
- Les expériences de la vie : chagrin, tracas, humiliation, maladie, traumatisme, blessure
- Les opérations chirurgicales et affections somatiques : hystérectomie, prostatectomie, cancer du sein
2. Situations
- La précarité : stress économique, travail, emploi, sans abri, pauvreté, chômage, dépendance, adversité, privation, détresse, démoralisation
- L’épuisement : fardeau (donneur de soins, …)
- L’isolement social : absence d’aide, solitude, séparation, incarcération
- Situations particulières : grossesse, post partum, post-traumatique – Remarquons que la torture réunit à la fois la précarité, l’épuisement, l’isolement social, la douleur et la peur, …
3. Tous les âges sont concernés
- Enfance
- Âge scolaire
- Pré adolescence – Adolescence
- Âge moyen
- Ménopause
- Vieillesse – Fin de vie
4. Les répercussions étudiées
Affectives
- Anxiété
- Hostilité, colère, violence
- Alexithymie, dysphorie, anhédonie
- Tristesse, perte d’espoir, démoralisation, détresse
Troubles psychologiques et psychiatriques
- Fatigue chronique, syndrome d’épuisement
- Neurasthénie, dépressivité, dysthymie, dépression sub clinique, dépression, cyclothymie, troubles bipolaires, maniaco-dépressive, manie, dépression majeure, suicide
- Pensées intrusives, insomnie, dissociation,
- Alcoolisme, boulimie, PTSD
Troubles somatiques (déclenchement ou évolution) :
- Fatigue, céphalée
- Asthme, arthrite rhumatoïde, eczéma, diabète, lupus, ulcère duodénal, stérilité
- AIDS
- Cancer (sein, mélanome), fibrome
- Maladie cardiovasculaire
- Migraine, épilepsie, Parkinson, fatigue
Comment gérer efficacement le stress ?
Partons du principe que l’état des stress ne résulte pas uniquement d’un élément extérieur, mais également des projections que nous pouvons faire sur notre capacité à le surmonter.
La meilleure façon de gérer notre stress sera de :
- Gérer nos émotions, pour un meilleur vécu des situation stressantes
- Maîtriser notre corps par une amélioration de nos capacités et une confiance en nous
- Renforcer notre système immunitaire pour consolider notre organisme
La Sophrologie vise la connaissance de soi, l’équilibre entre les émotions, le corps et l’esprit. A travers ses outils thérapeutiques comme la relaxation, la respiration, la libération de la parole et les exercices dynamiques elle permet l’entretien des effets de l’Eustress et répare en profondeur le Distress.
Vous êtes en état de stress chronique ou passager ? Faites une pause… je m’occupe de vous.
SOURCES
Facteurs de stress et mécanismes psychologiques

