La connaissance de soi consiste à considérer ce que l’on est, à avoir une bonne estime de la représentation que l’on s’en fait, s’affirmer en connaissance de cause et avoir une excellente maîtrise de soi pour faire face à son environnement. Mais alors l’environnement étant perpétuellement en mouvement, la connaissance de soi nécessite-t-elle une réadaptation constante ? Ne l’acquière-t-on pas une bonne fois pour toute ?
Considérer ce que l’on est
S’examiner attentivement nécessite que l’on ne se laisse plus définir par les autres. Les autres dont le jugement nous enferme dans une catégorie dans laquelle nous nous conformons inconsciemment. Cette catégorie nous conditionne le reste de notre vie. Considérer ce que l’on est, est un apprentissage progressif qui implique de se libérer de ce conditionnement pour accéder à sa propre autonomie, en faisant abstraction de l’approbation et de l’assentiment des autres. Pour autant, les aléas de la vie impliquent continuellement un « rebootage » de ce que je suis. Du coup, ce que je suis aujourd’hui est-il encore valable demain ?
Avoir une bonne estime de soi
Nos conditionnements mentaux et nos échecs passés nous cristallisent dans des conflits internes et laissent très peu de liberté à notre esprit d’arriver sereinement à une bonne estime de soi. Toutefois, si nous parvenons à nous regarder, pour nous accepter sans comparaison à autrui et sans nous juger, pour nous accepter sans nous blâmer alors, nous arriverons à une meilleure considération de ce que nous sommes. Pourtant, mon environnement peut-il véritablement se limiter à ne considérer que moi seul ?
S’affirmer en conséquence de cause
Accepter le rejet des autres face à nos opinions ; assumer nos différences ; s’accorder une valeur sans se placer au second plan ; adapter les postures qui vont avec les valeurs d’après lesquelles nous nous déterminons, sont les principes de bases de l’affirmation de soi. Or les valeurs d’après lesquelles nous nous déterminons sont inhérentes à nos conditionnements mentaux issus l’enfance et des expériences de vie. Dans ce cas, « ce que je pense, ce que je veux, ce que je ressens » n’est pas un fait établi mais bien une attitude que l’on adapte au fil du temps, en fonction des événements que nous traversons et de notre entourage. Faut-il alors considérer que la connaissance de soi est fluctuante de la représentation que l’on s’en fait ?
Avoir une excellente maîtrise de soi
Connaître et accepter nos forces et nos faiblesses nous amène à garder le contrôle de notre état intérieur et ainsi à réguler nos émotions, nos pensées et notre comportement face à notre environnement. C’est à travers la confiance que nous avons de nos capacités que nous nous ouvrons volontairement et sereinement à notre environnement. Dois-je alors croire qu’en maîtrisant mon état intérieur, je change ma vision sur moi et mon environnement ?
La connaissance de soi : généralités
La connaissance de soi n’est pas figé une bonne fois pour toute. Elle se construit et se remodèle continuellement, en se considérant au milieu de son environnement, lequel est principalement constitué des autres, de la culture dans laquelle nous évoluons, des lois et des droits qui sont les nôtres. Nos expériences, nos traumatismes, nos douleurs, nos réactions et nos rapports aux autres sont, entre autres choses, des évènements qui influent sur nos perceptions en en modifiant les contours et les préceptes. Nous adaptons alors notre métabolisme et notre structure émotionnelle.
Ce que je suis
La connaissance de soi ne peut pas se cloisonner à ne considérer que soi-même. Il y a une nécessité de passer par son environnement et des répercutions qu’il a sur nous pour se connaître. Ce que je suis maintenant est très certainement dépendant des événements qui se déroulent à cet instant précis. Pourtant, ce que je suis intrinsèquement reste tel qu’il est. Il peut éventuellement se torde et se fissurer. Et dès l’instant où j’ai mis le doigt sur cette connaissance profonde de ma personne, que j’ai assumé ses travers sans en rougir, CE QUE JE SUIS reprend sa place, enraciné dans ses fondements, car il sait ce qu’il est.
Alors qui suis-je ? Mon premier réflexe serait de vous donner toutes les perceptions de ce que je pense être. Suis-je objective ? Non. La représentation que je me fais de moi est une vision subjective de l’image que j’en ai construit à travers le temps. Je serais tentée de vous donner uniquement mes avantages.
Pourtant, la balance penche bien plus souvent sur les innombrables défauts que je me porte, en comparaison à mon entourage que je mets bien au-dessus de moi. Cela peut avoir des effets rassurants pour mon esprit.
En effet, c’est ce qu’il connait le mieux. Et surtout, ce qu’il a entendu une bonne partie de sa vie de son entourage (Famille, professeurs, amis, collègues, etc.).
L’autre
L’autre est devenu, très tôt dans mon existence, la représentation parfaite de ce que je devrais être. Mais également, ce que je ne serais jamais. Du moins, jusqu’à ce que je prenne conscience de l’état d’enfermement limitant dans lequel ce type de projections conduit.
Cette prise de conscience est la première étape qui mène à la connaissance de soi. Elle nous invite à nous dépouiller de certains conditionnements et entreprendre une redéfinition de notre être. L’acceptation inconditionnelle de ce que nous sommes, en accord avec ce que nous en faisons reste, la démarche la plus ardue qui soit. Qui voudrait, en connaissance de cause, se retrouver devant le miroir de sa Conscience ? Patauger dans son Subconscient ? Et s’engluer dans les méandres tortueux de son Inconscience ?
Nul ne peut se lancer dans l’aventure de la connaissance de soi sans en prendre la mesure. C’est avec beaucoup de patience et d’indulgence envers soi-même que l’on chemine progressivement dans cette croisade de son état intérieur.
Le bénéfice de cette démarche ? Un état intérieur d’apaisement absolu. Cela conduit naturellement à un regard attentif au bien et au bonheur des autres et surtout de soi-même.

