Les médecines

L’instinct de conservation et de préservation des êtres vivants obéissent à une impulsion qui les pousse à soulager leurs maux. Aujourd’hui, nombreux sont les choix qui s’offrent à nous pour nous soigner. De la médecine scientifique à la médecine alternative, nous mixons les méthodes, les pratiques… Mais d’où viennent ces médecines ? La médecine alternative est-elle une nouveauté ?

La médecine, un fait divin

Les découvertes archéologiques ont révélé que dès la Préhistoire, l’Homo Sapien recourait à certains procédés pour soigner ses douleurs apparentes. Pour les troubles internes, il dut apprendre à utiliser des ressources naturelles (plantes, baies, etc.). En ce qui concerne les maux invisibles, certains s’attribuèrent des pouvoirs de Guérisseurs-Sorciers et instaurèrent tabous, pratiques superstitieuses :

  • Sacrifices humains ou d’animaux ;
  • Ingestion d’organes ou cannibalisme ;
  • Port de colliers de dents animales ou des ennemis ;
  • Danses chamaniques ;
  • Trépanation ;
  • Rites funéraires ; Etc.

Les millénaires se sont succédé avec des pratiques de soins orientées vers l’observation et l’adaptation, la magie et la sorcellerie.

En Orient

Puis c’est en Orient, dans la région appelée le Croissant fertile que sont apparues les premières civilisations polythéistes. Aux pratiques magiques héritées de leurs ancêtres, les hommes y ajoutèrent des dieux protecteurs. Guérisseurs-Sorciers et Prêtres-Sacrés qui détenaient les pouvoirs de guérison, se comportaient en devins :

  • Interprétation des songes, des présages et des naissances, des phénomènes de la nature, des jeux de nombres;
  • Déduction selon le spectacle permanent de l’influence des grands phénomènes naturels sur les hommes.

Dès lors, les maux et les maladies sont perçus comme un châtiment divin. L’acte de soin comportait alors simultanément l’énoncé d’une incantation et l’administration d’un remède.

Les croyances

Cependant, l’observation des maux et l’adaptation des pratiques de soins aidant, les croyances font peu à peu place au scepticisme. En effet, l’expérience montrait que les drogues avaient une influence réelle sans qu’il fût nécessaire de recourir à une invocation. Les décoctions à base de produits d’animaux, de plantes et de minéraux furent de plus en plus utilisées.

La maladie n’était plus, du fait des dieux ou celui des astres, mais bien un état palpable qu’il fallait neutraliser.

Le bien-être

En Inde, Gautama le fils d’un seigneur du nord du pays, reçoit l’illumination suprême et devient Bouddha (525 av. JC). Il créé une doctrine philosophique dont l’un des objectifs est de « porter secours à toute douleur de tout être animé ». La philosophie médicale de cette époque dite « ayurvédique » établit une analogie entre le cosmos et le corps humain. Celui-ci serait animé par un « souffle vital » associé à de nombreux souffles secondaires qui régissent les diverses fonctions de l’organisme. Le corps est formé de cinq éléments : l’espace, le vent, le feu, la terre et l’eau. Toute rupture entre ces différents éléments créé un déséquilibre dans l’organisme. Il faudra alors rééquilibrer ces différents éléments.

La prévention

En Chine, le corps humain forme un tout indivisible et non pas une association d’organes et de fonctions. De ce fait, le fonctionnement de la vie, son harmonie comme ses perturbations, sont la traduction d’effets d’alternance et d’opposition, pas nécessairement une altération lésionnelle ou l’intervention d’un agent pathogène. Le secret de la conservation de la santé, est dans l’équilibre énergétique qui circule dans le corps. Ces deux grands principes s’appellent le « Ying » et le « Yang »

La santé et le bien-être, d’un corps bien portant, sont plus importants que le soin porté à un corps malade.

En Occident

Vers le IVe siècle av. J-C, avec le développement des échanges commerciaux, les concepts médicaux de la civilisation orientale, se développent en Occident.

La civilisation grecque en est l’héritière privilégiée.

En premier lieu, l’art de guérir est mythique. Les divinités douées d’un pouvoir médical étaient nombreuses comme par exemple :

  • Orphée connaissait la vertu magique de certaines pierres ;
  • Hercule utilisait les effets sédatifs de certaines plantes et l’hydrothérapie chaude.

Mais Asclépios fut le véritable Dieu grec de la médecine. En effet, il soignait par la parole, les plantes, les terres, le froid, le chaud et le couteau.

Un sacerdoce

A partir du IIIe siècle av. J-C, à force d’observer les malades et d’expérimenter différents traitements, les Asclépiades apprirent à reconnaître leurs maux et à les soigner par des moyens qui cessèrent d’être magiques. L’exercice de la médecine devient, avec le temps, sacerdotal et appartient aux prêtres romains d’Esculape. Ensuite, comme en Egypte près de deux mille ans auparavant, la médecine grecque s’affranchit de la religion en transférant l’absolu divin à un relatif humain.

Des diagnostics et prescriptions

La libération de la médecine s’est faite selon deux voies :

  1. L’une inspirée des considérations théoriques, a été le fait des philosophes que l’on qualifiait de « Physiologues »
  2. L’autre, se dépouille des attributs de la prêtrise et de la magie, pour revêtir ceux de la médecine praticienne empirique.

La médecine philosophique a donc trouvé un terrain particulièrement favorable à son développement.

Cadre et éthique thérapeutique

Trois écoles médicales se développèrent dans les cités de la côte méridionale d’Asie Mineure : Rhodes, Cnide et Cos.

L’école de Rhodes paraît n’avoir pas subsisté longtemps, et n’a laissé aucune trace de son existence.

L’étude des symptômes de la maladie appartient à l’école de Cnide, guidée par des philosophes comme Pythagore, Empédocle, Démocrite, etc.

Au Ve siècle av. JC, l’école de Cos se démarque avec la famille médicale d’Hippocrate. Celle-ci synthétisa les connaissances théoriques de son temps et les rationalisa. Il fonda sa méthode sur l’observation, l’expérience et le raisonnement, et institue une loi, une charte et une éthique médicale. Avec Hippocrate, la relation du médecin au malade est fondée sur les connaissances acquises par le médecin. Cela consiste en un examen clinique permettant un diagnostic et la prescription d’une thérapeutique. Il encadre le savoir médical Grec antique, dans soixante livres du Corpus Hippocraticum. Il devient le Père de la médecine occidentale.

Une science médicale

Nombreux autres grands hommes après Hippocrate, ont contribué à l’évolution de la médecine, par :

  • La « confrontation des données cliniques, avec celles de l’anatomie pathologique puis de la microbiologie ;
  • L’application de la physiologie expérimentale à la physiopathologie ;
  • Le passage de la physico-chimie élémentaire à la biochimie la plus élaborée ;
  • L’introduction de l’immunologie et de la génétique ».

Pour autant, l’œuvre d’Hippocrate sera décisive. Il a réussit à bannir définitivement des ouvrages médicaux : la magie, la sorcellerie et l’église. Il a fait de la médecine une profession à part entière.

Les médecines, aujourd’hui

La médecine dite « alternative », loin d’être une nouveauté, est la base même des pratiques de soins. Elle s’est dépouillée, grâce à l’action de la médecine scientifique, d’un bon nombre de croyances superstitieuses.

Par ailleurs, il n’existe pas de pratiques meilleures que d’autres. Il y a des Praticiens qui ont à cœur la santé et le bien-être des individus dans leur globalité.

De nos jours, nous consultons aussi bien un médecin traitant, qu’un Praticien alternatif. Les deux médecines n’ont pas besoin de s’opposer mais plutôt de se compléter.

 

Sources :

Livre « Histoire de la médecine » – Maurice Bariéty et Charles Coury

Le Professeur Charles Coury, nouveau titulaire de la Chaire d’Histoire de la Médecine et de la Chirurgie à la Faculté de Médecine de Paris – A. DELAUNAY et Th. VETTER

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